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Gilles-Éric Séralini: Un long combat

Depuis plus de dix ans, Gilles-Éric Séralini, professeur à l’université de Caen en biologie moléculaire, a démontré la très grande toxicité du Roundup via plusieurs articles publiés dans plusieurs revues scientifiques internationales. À la suite de ses différents travaux de recherche, le Pr Séralini a été régulièrement contesté.

Le 1er septembre dernier, il portait plainte à l’encontre de trois journalistes pour diffamation au tribunal du 17e arrondissement de Paris. Verdict : relaxe pour les diffamateurs.

Rappel des faits : lors d’un reportage d’Envoyé spécial diffusé en 2019 et intitulé « Glyphosate : comment s’en sortir ? », Élise Lucet avait fait intervenir Gilles-Éric Séralini qui avait expliqué ses travaux sur l’herbicide le plus utilisé dans le monde. À la suite de ce reportage, trois journalistes avaient clairement dénigré les études du scientifique, l’accusant d’être un « fraudeur » à de nombreuses reprises ou d’avoir commis la « pire tromperie scientifique de ces dix dernières années », et ce, via la télévision et sur les réseaux sociaux.

Anne Gillet - Professeur Séralini, le procureur a finalement demandé une relaxe des trois prévenus. Quelle est votre réaction suite à cette décision ?

Pr Séralini - Géraldine Woessner, Olivier Lesgourgues dit Mac Lesggy et Patrick Cohen, les diffamateurs, ont été relaxés pour « bonne foi ». Il est vrai qu’ils avouent ne pas lire les publications scientifiques, ne pas en avoir les compétences, sur un sujet sur lequel ils s’expriment pourtant, et censé les intéresser. Vraisemblablement, ils ne connaissent pas non plus l’histoire des Monsanto Papers ni les procès pour les 100 000 victimes du Roundup qui ont gagné aux États-Unis contre la firme. Ni le fait que le Roundup est cancérigène à cause des résidus de pétrole qu’il contient, pas seulement à cause du glyphosate. Leur « bonne foi » proviendrait des critiques faites à l’encontre d’une de mes études qui date de 2012, et qui mettait en évidence des tumeurs chez les rats consommant des OGM !

Pouvez-vous nous repréciser le contexte de cette étude ?

Il se trouve que cette publication était alors vivement vilipendée par les académies qui se faisaient les chantres des OGM. La seule chose qui a fait débat contenait aussi l’unique étude de toxicologie à long terme réalisée sur le Roundup seul, consommé à de très faibles doses. Peu ont su l’analyser, sauf, au niveau statistique, un membre de l’académie des sciences justement, le Pr Paul Deheuvels, seul membre mathématicien-statisticien. Ce dernier a témoigné par écrit, l’a même publié, mais cela n’a pas été pris en compte. J’ai gagné sept procès en diffamation auparavant sur ce même sujet. Mais ici, tout ce que je vois, ce sont des oublis et des déformations partiales. On me reproche aussi une « surmédiatisation orchestrée » alors que le coup mondial est parti tout seul, puisque c’est un sujet historique.

On parle pourtant d’un enjeu crucial de santé publique.

En effet, mon équipe a confirmé, vérifié, détaillé et compris l’effet toxique du Roundup, seul ou consommé dans les OGM modifiés pour l’absorber en quantité. C’est grave. Cet enjeu crucial de santé publique a été pourtant maintes fois précisé durant le procès. Les diffamateurs ont aussi évoqué, pour attester de leurs critiques, l’accord de confidentialité avant la publication de ces travaux, que j’avais effectivement mis en place pour éviter que les avocats des lobbys ne bloquent la publication.

Quel est votre sentiment aujourd’hui ?

C’est à rire ou à pleurer. Ce n’est certainement pas à la justice de trancher la science. On leur demandait juste de voir l’injustice. Une partie du monde est toujours aveugle au travail des lobbys, ces « mis en cause » des procès sont affiliés à l’AFIS, Association française pour l’information scientifique, comme un des témoins ayant écrit contre moi, et ont les mêmes idées et critiques que le Science Media Center et Monsanto-Bayer. Ils soutiennent l’agriculture chimique intensive, les OGM, ils s’entraident. Par exemple, Cohen a favorisé l’embauche de Woessner à la radio. À l’AFIS, on trouve Marc Fellous, déjà condamné pour diffamation envers moi. C’est un lobby noté 5/5 dans les fichiers illégaux Monsanto de FleishmanHillard, révélés par Envoyé spécial.

Je ne ferai pas appel. Je dois poursuivre mes projets de recherche.

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