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Topologie

Le caillou dans la chaussure - la vie sous un autre ton.

Dans cette rubrique, Georges Sénancole nous donne son avis drôle, critique, souvent ironique, parfois pinçant (mais jamais sans tendresse) sur une thématique qui l’interpelle, un contexte ou une situation qui le touchent ou sur un point d’actualité.

Le monde est devenu très abstrait, et les générations actuelles ont des capacités largement supérieures à celles d’il y a quarante ans.

À l’époque, lorsque je suis entré en classe préparatoire aux grandes écoles, le summum de l’abstraction était représenté par la topologie. Je vous laisse aller étudier le sujet, mais grosso modo, sachez simplement que l’image réciproque d’un ouvert par une application continue est un ouvert, et idem pour un fermé, ou encore que deux applications continues qui coïncident sur une partie dense d’un ensemble sont égales. Vous voyez le topo – si je peux oser –, ce n’était pas si compliqué que ça.

Comme c’était un peu trop simple, notre professeur de mathématiques, qui était un facétieux, nous avait d’ailleurs donné comme premier contrôle de l’année un extrait d’un sujet de l’agrégation. 

Bref, vous l’avez compris, nous n’étions pas à la hauteur des capacités atteintes par les générations actuelles, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle un certain nombre d’entre nous ont du mal à s’adapter aujourd’hui.

Je prends un exemple. Les filles et les garçons. Ou plutôt, qu’est-ce qu’une fille et qu’est-ce qu’un garçon ?

Commençons par les filles. Une fille est une personne – je fais attention à ce que j’écris – qui se ressent fille. 

Il y a donc deux cas :

Une fille se ressent fille. Ressentir n’étant pas le verbe sentir deux fois, on est bien d’accord. C’est alors une fille. Mais comme avant de se ressentir fille, elle ne pouvait pas savoir qu’elle était une fille, vu qu’elle ne l’avait pas encore ressenti, on n’est pas sûr qu’elle ressente vraiment qu’elle est une fille puisqu’elle ne sait pas ce que c’est que de se ressentir fille. C’est vraiment très compliqué, en fait. Donc on est obligé de conclure qu’une fille qui se ressent fille n’est pas une fille, vu qu’elle ne sait pas ce que c’est que d’être une fille. Ouf.

Reste les garçons. Un garçon se ressent fille. Comme on dit en mathématiques, même raisonnement, ce n’est pas une fille non plus.

Et devant l’immensité de la découverte que nous venons de faire ensemble, je suis tellement saisi que je n’ose l’exprimer à haute voix : l’humanité ne s’est jamais rendu compte jusqu’à présent que les filles n’existaient pas.

Oups, l’air se fige, je ne bouge plus…

Je n’ose pas recommencer le raisonnement avec les garçons, car, si ça se trouve, ils n’existent pas non plus.

Je vous l’avais dit, les nouvelles générations ont des capacités d’abstraction proprement sidérantes.

Comme elles ont vu avant vous et moi qu’elles n’existaient pas – j’en tremble encore –, elles ont trouvé un subterfuge qui permet de résoudre cette équation impossible.

J’ai nommé LA trouvaille miraculeuse qui permet à l’humanité d’exister alors qu’avant, elle ne savait même pas qu’elle n’existait pas, le concept qui nous réconcilie avec l’univers, dans l’harmonie et surtout, surtout, la simplicité et la pureté, notre cinquième élément à nous, j’ai nommé avec la plus grande joie au cœur : « le concept théorique du genre ». Jouez hautbois, résonnez musettes…

Avec cette clé de voûte, notre cathédrale sociale, que dis-je, humaine, est sauvée, le mystère de la vie est résolu.

Une personne maintenant indéterminée peut soit ressentir qu’elle est une fille sans savoir ce que c’est, soit ressentir qu’elle est un garçon sans savoir ce que c’est non plus, soit ne rien ressentir du tout et tout le monde s’en fout. Et donc, avec ce concept magique, on peut créer des classifications à l’infini, que l’espace soit ouvert ou fermé – voir plus haut –, ce qui est d’ailleurs le cas puisque maintenant on peut être fille, garçon, indéterminé, trans, bref LGBTQIA+-?!SPTZV, voire autre chose, chacun peut inventer la sienne.

Bien entendu, que nous soyons dans un espace fermé ou ouvert, nous sommes entrés dans des sous-espaces à dynamique principalement sexuelle, vu que c’est quand même l’objectif final de l’humanité que de savoir qui inventera l’option la plus loufoque de copulation, car nous sommes avant tout une espèce créative, et les animaux n’ont qu’à bien se tenir.

Bon, je pense que j’ai fait ma page, et je ne voudrais pas vous retarder… 

La prochaine fois, j’explorerai probablement le concept d’homme déconstruit,  qui est à l’adulte moderne ce que le genre est à l’adolescent.

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